samedi 16 octobre 2010

L'art de mentir

Cet article je ne peux le commencer sans une petite note introductive au sujet de mon caractère. Voilà : je ne sais pas mentir. Je n'ai jamais su le faire et je ne crois pas que c'est quelque chose que je pourrai apprendre. N'étant pas née de la dernière pluie je suis bien au courant du fait qu'il y a certaines occasions où l’on ferait mieux de ne pas dire la vérité. Dans ces cas-là j'ai appris, passée l'arrogance de mes premières années d'adolescence, à me taire. Un grand pas en avant dont je pus entièrement apprécier la valeur quand, à dix-neuf ans, je me rendis compte que la dernière chose qu'un homme veut s'entendre dire est « Je t'aime. » Malheureusement, pour compenser l'absence de paroles, c'est souvent mon visage qui se fait loquace; ainsi ne m'offrez pas de cadeaux minables si vous ne voulez pas voir mes lèvres se crisper d'amère déception et ne tentez pas de me tenir des propos sur Baudelaire si vous n'y connaissez rien car le mépris dans mes sourcils vous rendrait ma vue insupportable pour bien des années.

Dans le monde du travail, donc dans mon cas dans mes études, cette incapacité de mentir se traduit souvent par un excès de zèle. En tant que jeune étudiante à Oxford je n'ai jamais fait de plagiat, ni dit oui à un professeur qui me demandait si j'avais lu un article que je n'avais pas lu. Résultat : je travaille inévitablement comme une petite première de classe. Ceci étonnerait sans doute les employeurs britanniques qui recherchent dans un lauréat d'Oxford un petit expert en bluff. Mais pour vous prouver que je ne suis pas un cas si désespéré que cela j'ajouterai que j'ai au moins assimilé à l’université l'art du small talk, c'est-à-dire de la conversation superficielle. Ce fut pour cette raison que quand mon amie qui travaillait ce mois-là à Bruxelles pour un politicien de droite catholique me dit que nous devions aller jouer les figurantes à la fête d'anniversaire du fils de celui-ci, homme qui passée la quarantaine n'avait pas encore su dans sa vie se faire des amis, j'acceptai. Puis, quand le vin rouge est bon, le small talk devient une activité fort divertissante – et je dois dire qu'il était bon ce vin rouge.

Nous débarquons donc. Nous, c'est une douzaine d'employés du père absent, dont mon amie, et nous, deux pauvres idiots qui n'avions rien à voir là-dedans : un ami français de mon amie et moi-même, chez le fils du boss. Ma première réaction en voyant la belle maison bruxelloise d'architecture art nouveau peinturlurée d'insultantes couleurs baroques fut : « On dirait une fumerie d'opium ! », mon amie, elle, commenta en anglais en qualifiant le lieu de « Pimp palace », en bon français : une résidence de proxénète. Ensuite elle dit à l'homme sans amis, toujours en anglais : « Vous avez une très belle maison ! » - et un point pour la menteuse. Mais, manque de bol, l'homme sans ami était en veine de répliques (après tout, c'était son anniversaire). « Ce n'est pas ma maison.
- Alors vous vivez dans une très belle maison !
- Je ne vis pas ici.
- Alors euh... vous êtes debout dans une très belle maison ! »
Pour cette fois-ci, le silence sortait victorieux.

C'était une occasion étrange et ce pour plus d'une raison. L'homme sans amis nous fit d'abord nous assoir sur un divan et des chaises en deux rangées face à face, on aurait dit une salle d'attente – sauf que les salles d'attente en général ne sont pas roses, dorées et rouges, ou, du moins, pas les trois couleurs à la fois. A part la disposition des sièges, ce qui était aussi étrange était le fait que le rassemblement hétéroclite n'était uni que par un profond sens de malaise qui se traduisait en postures dignes d'un enterrement. D'ailleurs, comme à un enterrement, la plupart de nous ne nous connaissions pas. Mon expérience internationale m'a enseigné que dans ce genre de situation il faut approcher un français. Quand on ne connait personne et que l'on est à une réunion où la lingua franca est l'anglais, il faut repérer le français et une fois deux ou trois commentaires d'un sarcasme mordant échangés en marmonnant de façon à ce que les non-francophones, bien qu'ils se doutent qu'on est en train de parler d'eux, ne puissent comprendre un mot, on s'est fait un allié pour le reste de la soirée. Malheureusement même mon sympathique allié ne pouvait me défendre des devoirs de politesse envers notre hôte inconnu, surtout comme il s'agissait de son anniversaire et qu'il avait eu l'extrême gentillesse de m'accueillir alors qu'il ne savait pas qui j'étais.

Mon amie fut la première victime. Après nous avoir fixées toutes les deux avec l'air d'un tyran choisissant quel prisonnier il a envie d'exécuter et quel prisonnier il a envie de gracier, l'homme sans amis choisit mon amie, ce qui j'avouerais (car je ne sais pas mentir) fut pour moi un grand soulagement. « Viens toi, viens avec moi. » Mon amie est une fille forte, bien plus forte que moi. C'est le genre de femme qui non seulement sait mentir, mais sait aussi que tous les hommes mentent: personne ne l'embobine. Aussi, heureusement que ce fut elle et pas moi qui dut suivre l'étrange personnage : elle était beaucoup plus apte à gérer ce genre de tête à tête. (Que ceux de vous qui en ce moment me trouvent lâche soient rassurés : la suite de la soirée dut me faire passer des épreuves bien plus dures.)

Comme ils sortaient je me retournai vers mon nouvel ami, le Français : « Euh... Si elle n'est pas revenue dans dix minutes, on fait quoi ? » Il me répondit que selon lui ce type était le marquis de Sade et qu'il venait d'emmener notre amie dans sa cave. Sur quoi je lui demandais si selon lui les écrits du marquis de Sade avaient une valeur littéraire ou s'il s'agissait seulement d'une renommée due à l'intérêt causé par la controverse. Il s'en suivit une conversation sur l'exploitation de la provocation dans le domaine des arts qui ne s'interrompit qu'au retour de notre amie.

« Ça va ? » nous lui demandâmes en français afin de ne pas être compris par notre brave hôte. « Oui, oui... Sauf que c'était très bizarre parce que... comment dire... Vous savez quand pour économiser l'électricité...
- Ah, c'est bien, ils sont verts !
- Non, non : ils sont de droite catholique. Je disais, enfin, après cinq minutes la lumière s'est éteinte et je ne pouvais pas voir où lui il était dans la pièce... »
Je me demandais si le marquis de Sade lui aussi aurait eu des lumières qui s'éteignent après cinq minutes s'il avait eu l'électricité chez lui.

Enfin, les choses se passaient trop bien pour moi jusque là : à part le chien qui m'avait bavé sur la main, personne ne m'avait fait d'avances. Cela devait changer. L'homme sans amis décida que le moment était venu de passer à table. Il se mit debout et essaya de diriger l'assemblée vers la table. Comme personne ne voulait être le premier à se lever et le suivre, tout le monde fit semblant de ne pas avoir compris et les conversations continuèrent. Tout le monde, sauf moi, car faire semblant de ne pas avoir compris ce que voulait notre hôte, c'eût été une forme de mensonge. Je me levai donc et tout content d'avoir quelqu'un à aborder il me prit par la main et m'attira à lui d'un « Sweetheart » - j'eus à peine le temps de penser « Merde.»

Lui, il devait s'asseoir en chef de table, moi je devais être à sa droite. Il me dit de m'assoir. Pendant ce temps là, les autres étaient restés dans la pièce centrale (les maisons bruxelloises sont en général composées de trois grandes pièces au rez-de-chaussée ouvertes l'une sur l'autre : une qui donne sur la rue, une centrale et une qui donne sur le jardin, la table était dressée dans cette dernière). Il était  d'humeur à parler d'amour : nous devions jouer aux entremetteurs. Il me montra mon amie qui était en train de parler à un chinois qui dut par la suite nous raconter des blagues incompréhensibles : « Ils s'entendent bien eux, hein ? Je crois qu'il lui plaît ! » Moi je pensais que mon amie n'en avait que faire de ce petit type à lunettes, qu'elle aimait ses hommes grands, beaux et virils, et qu'à ces hommes sélectionnés elle leur jetterait ensuite un rire moqueur dès qu'ils lui diraient un mot trop tendre, c'est-à-dire un mensonge, et que ce petit chinois avait, oui, un sens de l'humour fort particulier, mais qu'il ne ferait jamais partie de la catégories des hommes bravés par mon amie. Je dis donc à mon hôte : « Je pense qu'ils ne font que converser. Je ne crois pas qu'elle soit amoureuse de lui » L'hôte me montra ensuite du doigt mon allié français qui essayait de faire sourire la troisième et dernière fille présente ce soir là qui portait encore un visage d'enterrement alors que les autres commençaient à se détendre: « Lui, c'est ton petit ami ? »

Alors voilà un excellent exemple d'un cas où un mensonge m'aurait été fort utile. Un mensonge, que dis-je, un seul mot, ou même sans un mot, un hochement de tête ! On m'aurait placée à côté de quelqu'un avec qui je m'entendais bien (heureusement, cela eut lieu de toute façon... bien que l'hôte me monopolisa) et l'homme sans amis, anniversaire ou non, n'aurait pas eu le droit de me faire des avances. Mais non, car je ne sais pas mentir ! « Euh, non. 
- Non ?
- Non, c'est un ami.
- Tu lui plais !
- Vous croyez ?
- Oui !
- Hé bien euh... tant mieux pour moi ! » L'homme sans amis en avait un peu marre de parler de moi, alors il mena la conversation à lui-même:
« Tu vois la fille là ? (c'était Face d'Enterrement)
- Oui... (Je le voyais venir)
- Je suis amoureux d'elle.
- Ah. Vous... vous la connaissez ?
- Non.
- Vous l'avez rencontrée peut-être une fois, avant ? A travers votre père ?
- Non. Elle est mignonne, hein ? » Je ne répondis pas car répondre c'eût été avouer que je trouvais qu'elle avait une face d'enterrement. Notre homme transi d'amour décida qu'il ne pouvait plus attendre sa dulcinée et s'écria alors: « Tout le monde à table ! », plus particulièrement à l'élue de son cœur « Toi, ici ! » en la plaçant à sa gauche et ensuite aux autres « Asseyez vous où vous voulez, je m'en fous ! » Je respirai à nouveau en voyant mon allié à ma droite: « Mais qu'est-ce que tu faisais là, seule avec lui ? » « Mais c'est lui qui m'a dit de venir ! »

L'homme sans amis avait malheureusement mal calculé le nombre d'invités –  il n'était pas à blâmer pauvre diable, puisqu'il n'avait pas l'habitude de recevoir des amis ! Ainsi, quelle ne fut pas sa douleur en voyant un jeune homme ajouter une chaise en plus, et ensuite des couverts, entre sa promise et lui ? (Mes compliments à Face d'Enterrement qui ne laissa entrevoir aucune joie en se voyant délivrée du satyre solitaire par ce jeune gentleman.) Enfin, le moine étant arrivé c'était l'heure des victuailles. Les victuailles, c'étaient les plats sur la table qui en attendant étaient tous devenus froids, et un magnifique poulet que le moine était joyeusement en train de tailler.

Alors qu'on passait le poulet, l'homme sans amis me demanda si j'avais un petit ami :
« Tu as un petit ami ?
- Non.
- Tu n'as pas de petit ami ?
- Non.
- Tu es célibataire ?
- Oui. » Je me demandais à combien de permutations il allait arriver quand la conversation générale tourna à la politique: « Que pensez-vous de la visite du Pape à Glasgow ? » demanda le moine à l'assemblée.

Moi je pensais que la BBC avait annulé Escape to the Country afin de diffuser cette chose, ainsi je me tus. Le moine demanda ensuite si, selon nous, après cette visite du Pape, les habitants de Glasgow qui n'allaient pas à la messe avant celle-ci y iraient, puisque c'était là le seul but que pouvait avoir eu le Pape en allant à Glasgow. Moi je pensais que non, ainsi je me tus encore.

« Est-ce que tu crois en Dieu ? » me demanda notre hôte en m'attirant, moi et ma chaise, plus près de lui.
« Euh... enfin... je... pas beaucoup beaucoup quoi...
- Tu ne crois pas en un être supérieur ?
- Euh enfin, si... peut-être, on ne peut pas savoir... (Je me retournai vers mon ami français, mais il parlait à quelqu'un d'autre.)
- Alors comme ça tu ne crois pas en Dieu !
- C'est pas que je n'y crois pas, disons que quand on a vécut dans plusieurs pays, connu plus d'une culture, on se rend compte qu'il y a sur tout des points de vue différents et donc euh...
- Est-ce que tu as un petit ami ?
- Moi, moi je voudrais encore du poulet, s'il vous plaît ! Par ici, merci ! »

Durant toute l'opération « se resservir, manger et suivre la conversation générale », je faisais très attention à ne jamais regarder dans la direction de l'hôte, même quand je suivais ce que disait le gentleman assis entre lui et Face d'Enterrement. L'hôte, après avoir refusé toute nourriture et bu du vin à la bouteille (ce qui était un peu triste, car les verres à vin étaient aussi jolis que l'argenterie), se souvint de moi et me fixa en silence. « Tu es une drôle de personne, toi » déclara-t-il enfin.
« Ah bon. Et qu'est-ce qui vous fait dire cela ?
- D'abord, parce que tu ne crois pas en Dieu.
- Mais, enfin, j'ai pas dit que je n'y crois pas, juste que je suis agnostique...
- Et puis parce que tu es mignonne... et tu n'as pas de petit ami. Tu es vraiment une drôle de personne. Pourquoi n'as-tu pas de petit ami ?
(Allez, tu peux le faire : dit lui que tu as fait un vœu de célibat, dit lui que tu es amoureuse d'un qui en aime une autre, dit lui que tu détestes les hommes, aucune de ces choses n'est au fond un mensonge absolu !)
- Je ne sais pas.
- Tu devrais avoir un petit ami.
- Ah.
- Parce que tu es mignonne. Tu mérites d'avoir un petit ami. Crois-moi, je m'y connais » Je lui fis un petit sourire reconnaissant, chef d'œuvre de fausseté, et ensuite glissait à mon allié qui avait l'oreille libre à ce moment là : « Putain, il n'arrête pas de me demander si je suis célibataire ! » Sa réponse, évidemment, fut : « Mais dit lui que je suis ton mec alors ! », c'était un peu trop tard. Et puis, c'était un mensonge.

Notre hôte se leva et revint avec deux tasses contenant une mystérieuse tisane. Une, il la plaça près de Face d'Enterrement, l'élue de son cœur, l'autre il la plaça près de moi. Bien entendu, je n'y touchai pas et je gardais mes yeux sur l'autre bout de la table. Ce fut alors que nous rîmes un peu : le chinois nous raconta une blague dont le gag principal était qu'à cause de son accent il prononçait le mot crocodile « cocktail ». Le quiproquo qui en résultait était charmant. La chute de la blague étant : « Parce qu'il était musulman! », d'un mouvement toutes les têtes se retournèrent vers le visage basané de mon allié. J'admirais celui-ci qui joua l'indifférence et l'incompréhension avec grâce. Notre hôte m'attira à lui d'un geste et me dit d'un air pensif : « Ce n'est pas vraiment mon anniversaire.
- Pourquoi dites-vous ça ?
- Mais parce que je ne connais aucune de ces personnes ! Toi tu connais ces gens?
- Non, en effet. ...La vie est pleine de situations étranges ! » lui répondis-je en essayant de me donner un air enjoué. Il quitta la table à nouveau. Ce n'était pas plus mal : on discourait plus librement quand il n'était pas là. Le chinois nous raconta une nouvelle blague, la chute de laquelle était que des policiers chinois battaient un ours pour le faire confesser qu'il était un lapin.


Quand notre hôte reparut, il était d'humeur joueuse : « Jouons à un jeu ! » nous ordonna-t-il. Le moine pendant ce temps-là alla laver les assiettes. Le jeu était celui où chacun a, collé sur le  front, le nom d'une personnalité et doit trouver à qui appartient ce nom à travers des questions à réponse « oui ou non », au premier « non » on passe au suivant. L'homme sans amis et le gentleman défenseur de Face d'Enterrement se mirent à concocter une sélection de célébrités. Ils pensèrent à moi en première: « Oui, oui! Hah ! (L'homme sans amis me jeta un regard triomphant.) Ça c'est parfait pour elle ! », je retins un soupir. Notre hôte était tellement enthousiasmé par ce choix qu'il voulu me coller lui même le bout de papier sur le front, aidé de sa propre salive. La première tentative étant un flop, le gentleman obtint de lui que l'on écrive mon nom à deviner sur un nouveau bout de papier que je me collerai au front moi-même, avec ma propre salive, et cela sans tricher. Quand tout le monde fut muni d'un nom sauf notre hôte (j'avais écrit à tout hasard « Napoléon » pour le gentleman, comme il était Anglais il mit ensuite très longtemps à trouver ce nom), l'hôte déclara qu'il ne participerait pas. C'était son anniversaire, il avait bien le droit de changer les règles.

Je passai en troisième, après mon ami français à qui l'on avait donné le nom d'un joueur de football anglais dont il n'avait jamais entendu parler de sa vie :
« Est-ce que je suis un homme ?
- Oui !
- Est-ce que je suis religieux ?
- Oui !
- Est-ce que je suis le Pape ?
- ...Oui.
- Hé bien voilà, j'ai fini alors. »

L'hôte demanda à tout le monde si l’on m’avait vu tricher. À leur réponse négative il fut obligé de continuer le jeu, mais ce ne fut plus avec le même enthousiasme. Son langage se faisait d'ailleurs de plus en plus vulgaire à mesure qu'on avançait et à chaque tour il avait oublié qui chaque personne représentait et ce qu'on savait sur ce personnage. Nous initiâmes alors le rite suivant : chaque interrogé devait tenir près de son front une des bougies sur la table afin que l'hôte puisse lire clairement qui il était, car il n'y voyait guère (dans ses propres mots : il n'y voyait « shit ») et nous rappeler, avant de nous poser de nouvelles questions, ce qu'il ou elle avait appris jusques là sur sa personne. Même assisté de la sorte, l'homme sans amis en eu marre. Il déclara que nous étions tous des sales tricheurs, qu'il nous voyait nous parler, et malgré nos protestations décida que le jeu était fini et quitta la pièce à nouveau.

Mon allié et moi commencions à nous demander avec quelle excuse partir. « À Paris j'utilisais toujours le truc des métros, il est à quelle heure le dernier métro ? » Je lui répondis que c'était en général autour de minuit que les métros fermaient, je regardai ma montre : minuit moins vingt ! Mais d'abord nous dûmes faire honneur au gâteau d'anniversaire : c'était une boîte Carte d'Or de glace à la stracciatella. Le moine partit chercher celui à qui cette gourmandise était destinée. Notre hôte revint à contrecœur. « Ce n'est pas un gâteau, c'est de la glace, j'en veux pas », nous informa-t-il. Enfin, la glace avalée nous pûmes prendre congé. L'hôte se rendant compte qu'il allait perdre trois convives se fit tout à coup mielleux : « Mais voyons, vous ne pouvez pas rentrer en métro, restez encore, après j'appellerai un taxi... » Mais nous fûmes fermes. Mon amie et mon ami remercièrent encore l'homme sans amis de nous avoir invités chez lui même s'il ne nous avait jamais vus de sa vie, ce genre de remerciements étant un mensonge je m'abstenais. Je marmonnais comme même par politesse un « Yes, thank you very much. » comme complément à ce qui avait été dit par les deux autres.

Ce fut dans la salle qui faisait fumerie d'opium en ramassant mon sac à main qui était tombé par terre que je me rendis compte que je n'avais pas dit joyeux anniversaire à mon hôte, mais retourner dans la salle à manger eut été une folie. Le moine quitta la cuisine et vint à la porte nous serrer la main. Puis, nous fûmes enfin dehors. L'air frais, les vieux pavés, les hautes maisons me donnèrent l'impression que je venais de retourner à Bruxelles après un voyage dans une terre lointaine. Je me sentais libérée, ce moment fut savoureux.


EPILOGUE
Je revis mes deux amis trois jours après : c'était le dernier soir à Bruxelles du Français et je les emmenai donc à mon petit restaurant préféré, ce fut une soirée évidemment bien plus agréable que celle que je viens de vous narrer. Avant d'entrer dans le restaurant mon amie m'apprit de quelle façon mon sac à main était tombé par terre : quand l'homme sans amis quittait la table c'était soit pour boire en cachette, soit pour faire les portefeuilles de ses invités. Il avait épargné le mien qui ne contenait qu'une vingtaine d'euros, mais avait volé un billet de cinquante à mon amie. Le moine l'avait remboursée de sa propre poche car le boss, bien qu'il était au courant des tendances kleptomanes de l'homme sans amis, faisait le sourd devant les volés, même quand il s'agissait de ses propres employés. Je n'ai jamais revu ni le moine, ni l'homme sans amis, ni le gentleman, ni Face d'Enterrement, ni le chinois au sens de l'humour inimitable.


Reg de Saint-Loup

vendredi 15 octobre 2010

L'amore visto da Noiviperegentili

Le dinamiche di coppia sono un mistero: è inutile perder pomeriggi a leggere Jung, Platone, Freud o... vedere Bautiful cercando di capire qualche cosa:tutto ciò ci potrebbe essere d'aiuto come una chiacchierata con Paris Hilton, come una tazzina di espresso dopo aver mangiato una lasagna.

Una cosa è certa: se per noi uomini A=A, per le donne A=B. Per loro funziona proprio così.
Basta esaminare una semplice dinamica che è capitata a tutti almeno una volta nella vita: lui le parla e le dice "non mi sento di darti certezze sul futuro, sulla nostra storia, su quello che accadrà". Generalmente la di lei risposta è "anche per me è così, ma si, iniziamo questo percorso, vediamo come va".


Ecco, miei cari signori, quello che il vostro cervello deve percepire è che in questo caso, per lei, A non è uguale ad A, ma è fedi al dito, marmocchi urlanti con l'intero parentato, è cielo, terra, nuvole, laghi, impepata di cozze e calamari.


In pratica: PERICOLO! E si: mai credere ad una donna che dice PROMISE ME NO PROMISES, perchè il suo "vediamo come va" significa in realtà "tu mi ami, non lo sai ancora, stando insieme a me presto lo capirai". Lei sta visualizzando, nel momento in cui pronuncia questa frase, abiti da sposa e corredi per la coppia. Il suo "vediamo come va" significa "prima o poi le cose prenderanno la giusta piega, cambierai carattere, ti affezionerai persino a mia madre e a quella elegantissima donna che è, per caso, mia sorella".


Ergo pericolo...ed in cosa si traduce questo pericolo? Bè, un caso su mille si traduce in una storia duratura negli anni. Negli altri 999 casi stress, angoscia e persecuzioni, oltre al pubblico patibolo, saranno l'epilogo naturale.


Quando voi, signori miei, a distanza di mesi ve ne uscirete dicendo "sai, con te sono stato veramente bene, ho passato bellissimi momenti...e ti voglio davvero bene ma non me la sento più di proseguire perchè mi rendo conto che l'amore vero e proprio manca (con le forme, le limature e le scuse più originali che i vostri cervelli potranno partorire per indorare il concetto che in realtà state esprimendo: TI STO SCARICANDO)...ebbene, da qui avrà inizio il dramma di cui il vostro cellulare sarà il principale protagonista con buona pace della sua memoria che verrà intasata da innumerevoli messaggi dai più svariati contenuti che una sola cosa vogliono dirvi: VEDIAMOCI ANCORA! Perchè, aimè, nella psiche femminile si instaura un perverso meccanismo per cui lei è convinta che in qualche modo voi abbiate capito che errore madornale sia stato lasciarla. 


Infatti per lei non è vero che "stavate vedendo come sarebbe potuta andare conoscendovi senza impegno": in realtà voi stavate gettando le fondamenta del vostro futuro matrimonio! Attenzione: sarete tenuti a pagare assegni alimentari piuttosto esosi sotto forma di spiegazioni: loro ne vorranno diverse e valide per poter accettare di esser state abbandonate....sull'altare!!


L'unica spiegazione che potrà davvero togliervele di torno (anche se con qualche probabile danno alla vostra autovettura) è la seguente :"conoscendoti meglio ho capito di essere gay".
Signori, siete avvisati: la frase "vediamo come va", per gli abitanti di Venere, è cielo, mare, impepata.
A buon intenditor poche parole.





Noiviperegentili

lundi 11 octobre 2010

Varsavia


Varsavia è bella, ai miei occhi più di Parigi.

Parigi ha una bellezza immediata, scultorea. È perfetta espressione del rêve de pierre della Beauté baudeleriana, di cui però non possiede il mistero. Parigi è, Parigi esiste; sta lì, monumentale. Fredda.
Parigi fa a meno di te. Come certe donne, di cui non puoi andare oltre la carne: cammini lungo gli Champs-Élysées, usi il suo corpo, e sai che non sarà mai tua.

Roma è diversa, ha un aspetto materno. Culla di civiltà, puoi calpestarle il cuore. È come una madre che aspetta sempre il tuo ritorno. Una grande madre dal seno cadente, le mani venose, le braccia aperte. Ogni dispiacere che le provochi è una ruga in più sul suo viso, ma una ruga di cui va fiera, una ruga che in fondo è lei stessa a chiederti.

Varsavia, invece, ha gli occhi grigi come la strada. Dimostra una dignità profonda che la sua Storia impietosa non è riuscita a scalfire, questa città che è stata la prostituta-bambina dell’Europa.
La sua bellezza è meno evidente di quella Parigina, e meno stanca di quella Romana. È una bellezza timida, poco fotogenica; una bellezza che trascende l'estetica: se Parigi è Ismene, Varsavia è Antigone.
Quando cammini sulle sue strade sai che Varsavia vive anche di te. Lasci impronte sul suo selciato; cammini: non scivoli. È una città di tracce: la tua, la loro, quella di Kopernik, quella dei nazisti, quella sovietica, quella dei Vasa, quella di Chopin e di Matejko. Ed è una città che, a sua volta, le tracce ha imparato a lasciarle.


Suzanne Eyre

jeudi 7 octobre 2010

Gli Italiani di Bruxelles

“Numero ventinove?” “Qui!” “Buongiorno! ...E la signora, dov'è?” “Eh la signora, la signora si riposa!” “Ho capito! Allora, con cosa cominciamo?” “Mah, allora, due etti di mortadella...”

Siamo davanti alla “bancherella dell'Italiano” (anche se adesso la padrona è femmina) al mercato della Place Flagey, luogo dove si incrociano ogni sabato mattina gli Italiani residenti nel comune di Ixelles. Luogo caloroso, dove anche quando il cielo è grigio (oggi invece splendeva il sole) ci si sente in Italia, anzi meglio, ci si sente circondati dagli Italiani di Bruxelles, una particolare razza di espatriati. Ci sono, dovrei precisare, sotto-categorie, per esempio gli immigrati di terza generazione, discendenti di quei poveri diavoli che in Belgio ci sono andati per lavorare nelle miniere, che l'italiano in genere lo parlano appena, io invece qui parlo di quelli di cui la mia mamma sarebbe un esempio tipo: immigrati di prima generazione che sono andati all'estero per fare carriera, mantenendo però la loro madrelingua e tornando ogni vacanza al paese natale per trovare la famiglia. Internazionalizzati, poliglotti, colti... ma che non hanno dimenticato dove stanno le loro priorità, tra le quali la principale è il cibo.

A me piace accompagnare mia madre al mercato proprio per quella sosta dove posso sentirli chiacchierare in italiano intorno a me e vedere lo spettacolo dell'amore del cibo. Oggi però il mio piacere è stato rovinato da un'invasione barbara: l'amica invadente di mia madre.

L'amica invadente di mia madre è una belga francofona che era stata un'insegnante d'inglese di mia madre. Ella non ha amici perché è invadente, ed è invadente perché non ha amici. Si era accollata momenti prima che noi traessimmo il nostro numero (trentatré) e parlava, parlava, parlava. Io annuivo senza ascoltare pensando che le leggi della decenza umana l'avrebbero fatta allontanarsi quando la padrona o un commesso avrebbe chiamato il nostro numero. Aveva già inquinato con la sua presenza non-italiana l'inizio del rituale della “bancherella dell'Italiano”, ma uno si aspettava che non appena la liturgia avesse richiesto una partecipazione attiva da parte di mia madre o mia, questa avrebbe capito che la sua presenza non era gradita.

Mamma - Julia, a che numero sono arrivati?
Io - Ventinove. (Sospiro e penso: Quando si leverà dalle palle questa?)

L'amica invadente parla del suo giardino dove c'è tanto lavoro da fare. Io penso che in quel caso sarebbe ora per lei di avviarsi verso questo suo giardino. Il signore senza la signora ha finito. È basso, pelato, con gli occhiali da sole. Prima di andarsene mi lancia un sorriso marpionesco - un'altra di quelle priorità mantenute. Io guardo le focacce.

La Padrona – Trenta! Trente! C'è? Il n'est pas là? Va bene, trentuno! Trente-et-un! No... (Io penso: Evvai!) Trentadue!

Giovanotto mezzo addormentato – Ehi, no, scusa! Sono io il trentuno!

Il giovanotto mezzo addormentato sembra simpatico, bon viveur. Tiene per mano la ragazza (non-italiana). La ragazza non-italiana lo ascolta ordinare il prosciutto crudo in italiano, gli occhi lucenti d'ammirazione.

Quando finalmente tocca al trentadue (secondo me il commesso che lo sta servendo non è veramente italiano... O forse sarà di terza generazione? Mah!), l'amica invadente sta parlando dei trasporti pubblici di Bruxelles che lei trova pessimi. Io la guardo e penso: Comprati una macchina allora. Poi guardo di nuovo in direzione del numero trentadue, lo vedo parlare con le mani e sento in me un movimento di tenerezza profonda. Penso: Un giorno mi sposo un italiano, che quando va al mercato di Place Flagey chiede il parmigiano parlando con le mani. Sto lì a commuovermi su questo futuro partner immaginario quando sento la voce della padrona dire: “Trenta-tre!” Non le lascio nemmeno il tempo di ripetere in francese: “Qui! SIAMO NOI!” Penso: Che bello Mamma, adesso possiamo parlare in italiano tra Italiani di Bruxelles e tanti saluti a quella tua amica rompipalle che dice “parmesan” e non sa parlare con le mani!

Ma l'amica fa una cosa incredibile: decide di rimanere. Non solo decide di rimanere, ma si sente ispirata, vuole fare dei paragoni, e proprio in questo momento in cui la Mamma ha bisogno della massima concentrazione per scegliere quali delizie ci portiamo a casa questo sabato, ella tira fuori dalla sua borsa un sacchetto di plastica contenente qualche spezia che ha comprato a qualche bancherella non-italiana.

L'amica invadente – Regarde ce que j'ai trouvé! On m'a dit que c'est bon sur le pain.

Io decido che in questi casi bisogna adottare metodi drastici: parlerò in italiano e farò finta che questa pazza che tenta di sovvertire il nostro rituale non c'è.

Mamma – Ah oui, je ne connais pas. Ça sent bon, oui.

Io – Mamma! Hai visto che bella quella scamorza? La possiamo prendere?

Mamma – Ma certo! Allora, buongiorno, prendiamo questa scamorza, poi un un po' di mozzarella...

L'amica invadente – Ahaaa, “Buoooongiorrrrno”: c'est sympathique!

(Io penso: Oui, ça veut aussi dire bonjour...)

La Padrona – Ci sono appena arrivate queste mozzarelline qua, sono buonissime.

Mamma – Julia?

Io – Sì!

L'amica invadente – Aaah, la “môôôôôzarellllllllllla”!

Io penso: Ma 'sti francofoni, pensano veramente che basta allungare una lettera di qui di là, a caso, per far credere che uno è italiano? Con lo sguardo tento di comunicare alla padrona che io non c'entro con questa malata di mente, che mi dispiace tanto e che io so come si pronuncia “mozzarella”. Nel frattempo la mia mamma tenta nuovamente di sbarazzarsi dell'amica invadente.

Mamma – Alors, comme je t'ai dit, ce weekend je suis occupée, on s'appelle le weekend prochain, d'accord? Au revoir ma belle! Un po' di quel pesto, per favore.

L'amica invadente – Ah! Ca c'est le “pésto alla gennnnnnoveeeeeese”!

(Io penso una parolaccia.)

La Padrona – Hé no, cé né pas dou pesto alla genovese: céloui-ci, cé moi qui l'ai fait, ici à Broussèl!

Io penso: Questa nobile signora il francese lo parla così, come le viene, con semplicità, ha il suo accento italiano, sì, ma non prova il bisogno di aggiungere doppie dove non ce ne sono. Poi il suo pesto è davvero buono.

L'amica invadente chiede a mia madre se il pesto qui è buono. Io penso: Siamo alla “bancherella dell'Italiano”, il luogo sacrosanto dove si forniscono gli Italiani di Bruxelles, la risposta mi sembra ovvia. La mia madre dice che è molto buono, che se ci metti sopra l'olio d'oliva e lo tieni in frigo si può anche conservare.

L'amica invadente – Ah, c'est vrai, tu cuisines à l'huile d'olive, toi?
(Se usiamo l'olio d'oliva?! Ma sei scema?)

Mamma – Oui, toujours.

L'amica invadente – Ah, mais il faut varier, Clara! Il n'y a pas que l'huile d'olive!
(BLASFEMA!)
Enfin, il y a par exemple l'huile de noisette...
(Hahahaha! “L'huile de noisette”! Ragazzi, questa è fuori!)

Mamma – Nous on aime beaucoup l'huile d'olive.

La Padrona – Em, signora...

Mamma – Julia, scegli i ravioli.

Io – Quelli “asparago e culatello”, per favore!

Mamma (sempre all'amica invadente) – Bon, au revoir!

L'amica invadente – C'est quoi ça, “cu-la-tel-lo”?
(Aho! La mamma ti ha appena detto “Au revoir”!)

Mamma – E poi un po' di prosciutto, quello cotto, ma proprio due fette...

La Padrona – Quello alle erbe?

Io – Sì, alle erbe!

L'amica invadente – Ah, c'est aux herbes ça?

Mamma – Per questo fine settimana penso che basti. Julia, cosa dici?

Io – Beh sì, papà e Thomas non ci sono, poi sia oggi che domani siamo a cena fuori...

Mamma – Hai ragione... Prendo due vasetti di tonno però, così li abbiamo, non si sa mai. Tonno Rocca, signora, grazie.


E a quel punto ho capito che stavamo giungendo alla fine del rituale, che stavamo per pagare, che i soliti piaceri in italiano erano stati irremediabilmente rovinati da quella donna che ci consigliava di usare l'olio di nocciola invece dell'olio di oliva.

La mamma disse che sì, era tutto, e pagò. La padrona mi tese la borsa piena di quelle vettovaglie che di solito mi riscaldavano il cuore... ma quella mattina, quella borsa non mi sarebbe bastata manco se ci avesse aggiunto una focaccia gratis. Le regalai però un ultimo sorriso, perché lei, lei se lo meritava il mio sorriso strappato al dolore, quella brava donna, con quei ricci neri, quell'accento italiano, quelle mani che avevano fatto il pesto che avrei ritrovato sulla mia pasta a pranzo. Era una donna che andava rispettata - cosa che, veramente, non si poteva dire di quella femmina dalle nocciole.

Poi, mentre la mamma metteva via gli spicci, ripartii la spesa: nello zaino formaggi, pesto, prosciutto e ravioli, nel carrello i due vasetti di tonno. La noccioluta osservò questi ultimi: “Ah, tu manges les anchoies comme ça, toi?” E fu a quel punto che esplosi.

“TONNO C'EST THON! THON!!! PAS ANCHOIES!!!

Ma la mia rabbia era ormai inutile perché avevamo lasciato il santuario degli Italiani di Bruxelles. Anche se fossi riuscita a zittirla (cosa che non avvenne poiché quello scoiattolo umano si riprese rapidamente dallo sbalordimento causato dalla mia ira “inspiegabile”), non sarebbe servito a nulla perché il suono di sottofondo non era più puramente italiano. Adesso c'entrava il francese, l'inglese, il tedesco...

Non mi restava che consolarmi ricordando l'aria addormentata del numero trentuno, le mani animate del trentadue, e anche, perché no, il sorrisone del ventinove.

Et sur le thon aussi, tu mets de l'huile d'olive?



Reg de Saint-Loup

Une Pomme


Erasmus à Pavie ! Que de vie ! Que de vie !
Goût, toucher, vue, odorat et ouïe deviennent
Essentiels à l’unique aventure italienne.

Mais avant le repos, tous, jeunes et vieux, prient



Pour le sommeil des justes, l’astre brillant s’enfuit.
La Lune s’éveille sur la ville à persiennes,
Les rêves prennent corps, et à l’insouciant tiennent
L’âme, le cœur, le corps, et hantent son esprit.

Et plus légère qu’une plume, la Jeune avance,
Si douce et tendre, tournant, comme pour une danse.
Son cœur comme un oiseau voltige tout joyeux.

Querela pacis, l’ombre perd mélancolie
Qu’ont fait disparaître les étoiles et la vie.
Au soir, près d’une porte, trône un trognon véreux.


Châtillon